Le GR 56, les Cantons de l’Est et le parc naturel Hautes Fagnes – Eifel, est un des plus anciens tracés de grande randonnée de Belgique : l’extrémité orientale du pays a toujours constitué un domaine privilégié pour la randonnée pédestre. Boucle de 168 km au départ de Saint-Vith, ce sentir de Grande Randonnée vous fera découvrir entre autres deux pays, avec la prédominance de la Belgique et deux langues, avec la prédominance de l’allemand. L’ensemble du circuit s’articule autour du parc naturel Hautes Fagnes – Eifel : la nature est donc présente partout ! Pour compléter cette découverte des Cantons de l’Est, deux variantes sont également proposées : « Variante Warche » (36,4 km) et « Variante Amblève » (36,8 km).

Nous avons décidé de cumuler deux tronçons de ce GR 56 sur un weekend et nous vous livrons notre expérience ci-après :

Le plateau des Hautes Fagnes, avec ses tourbières, constitue un biotope unique en Europe.
Venez découvrir la région la plus « haute » de Belgique avec Botrange comme point culminant !

 

Avant de commencer …

Etant donné qu’il ne s’agit pas d’une boucle, un minimum d’organisation est nécessaire avant de se lancer !

Parking

Nous avons décidé de laisser la voiture à Bütgenbach (point d’arrivée du J2) : il y a de nombreuses possibilités de parking à Bütgenbach, et ce gratuitement ! Nous étions garés sur un petit parking à l’intersection de la Monschauer Strasse et de la Mariengasse 🙂

Transport en commun

Nous avons pris la ligne TEC 394 Eupen – Büllingen – Sankt-Vith, au départ de Bütgenbach (le long de la Monschauer Strasse) pour le Centre Nature de Botrange :

    • Durée du trajet : 15 minutes environ
    • Prix d’un ticket : 3,60 €

Logement

Les Terrasses de Malmedy – Studio de la Famille Barabason-Pirard

Restaurant

Nous vous recommandons de terminer ces 2 journées de rando par un repas au restaurant Brüls à Bütgenbach : nous nous sommes régalés !

 

Le parcours en chiffres …

Distance totale: 26027 m
Altitude maximum: 696 m
Altitude minimum: 332 m
Total time: 07:29:08

 

Le parcours en images …

C’est de la Maison du Parc à Botrange que démarre cette marche de 26 km. Vous pourrez vous y renseigner sur les possibilités d’excursions dans la région, reprendre des forces dans la cafétéria-restaurant « Fagn’étéria » ou encore, si vous avez suffisamment de temps, visiter l’exposition permanente Fania qui vous présentera les Hautes Fagnes dans tous leurs états !

Allez c’est parti : direction Malmedy en suivant le balisage (traits blancs et rouges horizontaux) du GR 56 !

Premier arrêt obligatoire : le signal de Botrange ! Mais avant d’y arriver, arrêtez-vous un instant à la plateforme panoramique et profitez de la vue qui s’offre à vous sur le vaste paysage du Plateau des Hautes Fagnes ! Situé à une altitude de 694 mètres au-dessus du niveau de la mer, le signal de Botrange est le point culminant de la Belgique depuis 1919.

Partez ensuite à la découverte de la Fagne de la Poleûr ! La fagne de la Poleûr s’étend entre la Baraque Michel et le Mong Rigi sur 54 hectares, à une altitude moyenne de 660 mètres. Réserve naturelle depuis 1984, il s’agit d’une zone de recherche privilégiée pour les scientifiques mais elle remplit également un rôle didactique en informant ses visiteurs de l’évolution et l’équilibre des principaux écosystèmes fagnards.
Le paysage que vous verrez devant vous est le résultat de plusieurs siècles d’activités humaines. Il n’est donc pas vraiment « naturel ». Jusqu’au Moyen-Âge, les Hautes Fagnes étaient couvertes à 90 % de forêts de feuillus. Vers 1840, d’importantes surfaces de lande ont été replantées d’épicéas. Réserve naturelle depuis 1957, l’accès y est aujourd’hui strictement réglementé : des caillebotis et des sentiers balisés emmènent les visiteurs à sa découverte ! Quant aux zones les plus sensibles, elles sont totalement inaccessibles.

Vous voilà à présent au parc synoptique de l’IRM. Vous pourrez y voir toutes sortes d’instruments destinés à mesurer la vitesse et la direction du vent à différentes hauteurs mais également la température, l’humidité de l’air et la pression atmosphérique ou encore la température au niveau du gazon.

Le haut plateau fagnard constitue le premier obstacle que rencontrent les masses d’air amenées par les vents dominants d’origine océanique. En s’élevant pour franchir cet obstacle, l’air se refroidit, des nuages se forment et provoque une pluviosité abondante. La transpiration de l’important couvert végétal accentue encore cette forte humidité du milieu. Il y pleut en moyenne 170 jours par an dans les Hautes Fagnes, ce qui équivaut à 1.435 mm/an (Bruxelles : 835 mm/an) !

Après avoir suivi un petit sentier serpentant tantôt entre des bouleaux, tantôt entre des hêtres et longé le ruisseau de Polleur, vous croiserez un autre GR, le 573 qui remonte la Vesdre depuis Liège jusqu’à Eupen. Prenez à gauche pour poursuivre sur le GR 56 !

Revoilà à nouveau les caillebotis ! Ces chemins de bois surélevés vous permettront de découvrir de très intéressantes zones de tourbières couvertes de sphaignes, des landes ou encore des forêts marécageuses. Ne vous aventurez pas hors des sentiers battus : ces « tapis végétaux » peuvent être de redoutables pièges (profonds trous d’eau ou sols mouvants) dans lesquels vous risquez de vous enfoncer dangereusement ! Vous longerez d’abord la Fagne de Setay à votre gauche ; puis la Fagne de Fraineau à votre droite.

Changement de décor : le balisage vous emmène à présent sur un sentier forestier, entravé de pierres et de racines, avec en contrebas le ruisseau Trô Maret, affluent de la Warche. Certains passages un peu plus difficiles sont sécurisés par un câble. Un pont en bois vous permettra de passer sur l’autre rive pour continuer votre route vers Malmedy !

Besoin d’une pause ? A la sortie des bois, vous arriverez à la ferme Libert. Pourquoi ne pas vous arrêter un moment ?

Nous avons continué notre route … Mais cet endroit respire la sérénité !

C’est vers le plus grand Bikepark du Benelux que vous conduira ensuite le balisage ! Prenez le temps de vous arrêter pour regarder les bikers descendre la piste ou la remonter grâce au remonte-pente 🙂

En chemin, vous pourrez en apprendre davantage sur le projet européen LIFE Elia ayant pour objectif de mettre en place une gestion de la végétation sous les lignes électriques qui garantit la sécurité du réseau électrique tout en favorisant la biodiversité (cf. site de Bévercé). Malmedy n’est à présent plus très loin ! Mais comme les itinéraires de GR ne prennent pas toujours les routes les plus simples pour arriver à leur but : rendez-vous à Malmedy … par les crêtes !

Après avoir monté, place à la descente ! Sur votre route, vous passerez devant le Monument Apollinaire, en mémoire au séjour de l’auteur dans la région en 1899. Les pierres disposées en cercle portent des extraits d’une oeuvre du poète.

Vous voilà à présent devant le pont d’Outrelepont, le premier pont de Malmedy. Écartez-vous un instant du tracé balisé en continuant votre route à droite, juste avant le pont …

Datant du XVIème siècle, la plus ancienne maison de Malmedy a survécu aux grands incendies de 1587, 1689 et 1944. Située sur la rive droite de la Warche, cette habitation de type ardennais est entièrement construite en torchis et a conservé son aspect typique malgré les guerres et les inondations les plus graves.

Retournez à présent sur vos pas et traversez cette fois le pont arc-bouté sur la Warche. Vous passerez devant une statue de Jean Népomucène, protecteur des ponts et des bateliers, réalisée en 1986 par Jean Thérer.

Le cœur de la ville, comptant quelque 12.000 habitants, bat autour de la Place du Châtelet et de ses parcs. Les environs de l’hôtel de ville, de la cathédrale et de l’ancien monastère du début du Moyen Âge ont fait l’objet d’une importante restauration. Un peu de temps devant vous ? Alors visitez le Malmundarium ! Cet ancien monastère, fondé voici 1.100 ans, est aujourd’hui un centre interactif et ludique pour tous les âges : 3.000m2 pour découvrir l’histoire, le folklore et les anciennes industries de la région.

En face, se dresse la Villa Steisel, dont les deux tours qui dominent l’ensemble donnent au bâtiment un air de petit château. Construite en 1897 pour le papetier Louis Steisel et son épouse Laure Steinbach, sur ordre du père de la mariée, cette villa appartient actuellement à la ville de Malmedy. Par la construction de villas (Lang, Steisel) pour ses filles, Jules Steinbach, papetier (1841-1904), a transformé la physionomie du centre de Malmedy. En 1901, il finança également la construction de l’hôtel de ville dont le vaste hall d’entrée est en marbre blanc. Ces édifices, reflet de l’activité économique florissante de la bourgeoisie malmédienne (drapiers, tanneurs, papetiers), participent par leur majesté et leur imposante stature à l’embellissement de la ville.

La Place du Châtelet est dominée par les deux flèches vert-de-gris de la Cathédrale de Malmedy, consacrée aux Saints Pierre, Paul et Quirin. En forme de croix latine, elle fut reconstruite entre 1776 et 1784 en pierre d’arkose de la région, d’après les plans de Charles-Antoine Galhausen. En effet, l’ancienne abbatiale, édifiée à la fin du Xe siècle, fut détruite en 1689, lors de l’incendie général perpétré par les troupes françaises de Louis XIV.

La marche ça creuse et ça donne soif ! Alors posez-vous un instant sur une des terrasses de la place Albert Ier. Au centre de la place se dresse un obélisque, édifié en 1781.

Après avoir repris des forces, prenez la direction de la Chapelle de la Résurrection ! Construite sur la place du Pont Neuf de 1755 à 1757, à l’initiative de Jean-Ignace Roderique, cette chapelle de style Renaissance devait permettre aux personnes du quartier de la Vaulx d’assister à la messe dans un lieu proche de leur domicile.

Nous avons été charmés par les kiosques à musique de la ville. La tradition des kiosques remonte à une époque où la musique occupait déjà une place de choix et participait aux festivités et à la vie quotidienne. Trois kiosques agrémentent les places (de Rome, Saint-Géréon et du Pont-Neuf) de la ville de Malmedy !

Si comme nous, vous souhaitez enchaîner le lendemain avec un autre tronçon du GR 56, vous pouvez soit séjourner à Malmedy, soit continuer et prendre un peu de hauteur en dormant sur les Terrasses de Malmedy ! Mais pour se faire, vous devrez affronter le « Calvaire » et ses 13 stations. De toute façon, vous devrez y passer quoi qu’il arrive alors autant en finir au plus vite ! Le Chemin de Croix fut érigé en 1728 à l’initiative du Père Capucin Albert de Dinant.

Le Calvaire invite le visiteur dans un site naturel tout à fait exceptionnel  : vous pourrez y admirer des mélèzes, érables planes, tilleuls, noyers, hêtres, cornouillers sanguins, etc. Au pied de la neuvième station, le chemin vous emmènera vers la droite jusqu’à un Belvédère d’où vous pourrez profiter d’une vue sur la ville de Malmedy et les environs. Au sommet du Calvaire se dresse une chapelle hexagonale dédiée aux Saintes Agathe et Appoline surplombant la ville de 97 mètres !

Vous arriverez ensuite à Chôdes où nous avons passé la nuit, dans un petit studio, sur les hauteurs de Malmedy (Les Terrasses de Malmedy, anciennement Domaine de Chôdes).

⇒ Découvrez la 2ème étape qui vous emmènera à la découverte des lacs de barrage de Robertville et Bütgenbach !

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